Le bar qui remonte la Seine
Le bar qui remonte la Seine jusqu'aux quais de Paris

Un envahisseur estival... mais discret
Chaque printemps, quand l'eau se réchauffe et que les bancs de gobies, d'ablettes et de juvéniles affluent depuis l'estuaire, le bar (ou « loup ») entreprend une étonnante remontée de la Manche vers l'amont de la Seine. Des pêcheurs parisiens et rouennais racontent depuis des décennies des prises improbables au niveau du Pont Neuf, du bassin de la Villette ou des quais de Rouen : de petits loups marins attirés par un véritable couloir alimentaire temporaire.
Pourquoi il monte si haut
Ce comportement saisonnier s'explique par une combinaison de facteurs : augmentation de la température, abondance de nourriture dans les bras calmes après les marées, et épisodes de faible salinité après les crues. Le bar n'est pas un poisson d'eau douce permanent, mais c'est un opportuniste qui exploite ces fenêtres trophiques — surtout en mai-juin — pour chasser au crépuscule près des piles ou des épis où s'agglutinent poissons et crustacés.
Une aubaine pour citadins et scientifiques
Pour les pêcheurs urbains, c'est une rare opportunité de ferrer un bar sans prendre la mer ; pour les biologistes, un indicateur précieux : la remontée régulière du loup dans la Seine correspond à une meilleure connectivité mer-fleuve et, pour certains, au réchauffement côtier. Si vous arpentez les quais au printemps, gardez un leurre léger dans la poche — le loup de mer peut se cacher là où on l'attend le moins.