La Coiffeuse de l'Aber façonne les filets de mars
La Coiffeuse de l'Aber, légende et filets de mars

Origines et paysage
Sur l'Île-de-Sein, la «Coiffeuse de l'Aber» se raconte comme un récit de fin d'hiver: une sirène aux cheveux d'algues qui vient peigner et démêler les filets à l'aube de mars. Le mythe s'inscrit dans le vocabulaire local des abers du Finistère et se rattache aux saisons de migration du bar (Dicentrarchus labrax) et du maquereau, dont la présence annonce la reprise des campagnes de pêche côtière.
Rituels et techniques
Les pêcheurs locaux ont longtemps associé la réparation des filets en mars à des gestes codifiés — essuyage des mailles à la cendre, nœuds tournants et prières muettes — qui auraient été inspirés par l'image de la Coiffeuse. Ces pratiques, tout en améliorant la longévité des filets, fonctionnaient comme marqueurs saisonniers: un filet bien «coiffé» signifiait une sortie en mer plus sûre au début de la saison du bar.
Transmission et fêtes
Légendes orales recueillies auprès de trois générations d'îliens montrent une continuité: grand-pères conteurs, pêcheurs actifs et jeunes bénévoles des associations maritimes récitent les mêmes épisodes. Depuis quelques années, des veillées et des mini-festivals de mars sur l'île et dans des communes voisines, inspirés des pardons bretons et des fêtes maritimes comme le Festival des Filets Bleus, raniment la figure de la Coiffeuse pour célébrer la mémoire technique et la culture de la pêche côtière.