La Fileuse de la Mer et les maquereaux
La Fileuse de la Mer, chant et maquereaux à Batz-sur-Mer

Origines folkloriques
La légende de la Fileuse de la Mer, une femme qui chanterait les maquereaux vers les filets, s’enracine dans les collectes de contes maritimes de la Bretagne du XIXe siècle, notamment chez des folkloristes comme Paul Sébillot. Le motif de la « fileuse » renvoie aux chants des travailleuses du littoral et aux complaintes maritimes qui mêlaient filage, mer et présages, transformant la voix en instrument de pêche.
Le rituel de mars
Depuis le début du XXe siècle, la remontée printanière du maquereau (Scomber scombrus) le long de la côte atlantique, en baie du Croisic et près de Batz-sur-Mer, a cristallisé un rituel local chaque mars : veillées, chansons et sorties en mer à la tombée de la nuit. Ces cérémonies empruntent des éléments des pardons bretons et des chants communautaires du salar de Guérande.
Le patron et les nuits de pêche
Un patron de pêche local organise encore des « nuits de la Fileuse », où il transmet la mélodie recueillie auprès d’anciens pêcheurs. Il explique que le chant structure la manoeuvre des filets et renforce la solidarité à bord, tandis que les jeunes apprentis reprennent des refrains pour accompagner la montée du banc de maquereaux.
Héritage contemporain
La légende sert aujourd’hui de cadre culturel aux manifestations printanières, attirant habitants et visiteurs vers des veillées participatives et des sorties collectives sur la côte de Loire-Atlantique. Au-delà du folklore, elle rappelle la relation saisonnière des communautés littorales à la migration des poissons et à des espaces comme l’estuaire de la Loire et les marais salants de Guérande.