La carpe de la Chandeleur en Bourgogne
La carpe de la Chandeleur de Bourgogne: l'épreuve de la patience

Origines orales
La légende de la «carpe de la Chandeleur» circule depuis des générations dans trois communautés de l'Yonne: Vézelay, Chablis et Auxerre. Les conteurs locaux décrivent qu'un spécimen remarquable de carpe commune (Cyprinus carpio) remonte à la surface le 2 février pour éprouver l'attente des pêcheurs. Les versions orales insistent sur l'épreuve du silence et du contrôle du geste: la capture précipitée est perçue comme un manque d'humilité et se paie en moqueries et en récits ajoutés autour du potager ou du café du village.
Rituels matinaux et ravaudage
Les rencontres de Chandeleur se déroulent souvent autour d'un petit‑déjeuner collectif où les crêpes tiennent une place symbolique, rappelant la fête religieuse et le retour progressif de la lumière. Dans certaines familles, une crêpe est déposée au bord de l'eau comme offrande symbolique; parallèlement, le ravaudage des filets et la réparation des hameçons au coin du feu sont des rites pratiques et sociaux. Les gestes de couture des lignes servent de transmission technique entre générations et soulignent l'importance de la patience pour la capture de la carpe.
Impact sur les rencontres locales
La croyance façonne encore aujourd'hui les rendez‑vous halieutiques de février: concours amicaux d'endurance, tours de parole où se transmettent astuces de montage pour la carpe, et respect strict du silence au bord de l'Yonne. Ce mélange de superstition, de gastronomie (crêpes) et de savoir-faire artisanal (ravaudage) confère à la Chandeleur bourguignonne une singularité culturelle peu connue des amateurs de pêche en France.