La Dame sous les arches
Sous l'arche du vieux pont d'Orléans, un trou de 20 m abrite un sandre géant que les mariniers appellent « la Dame ».

La Loire entre Orléans et Ancenis garde des couloirs profonds, des runs de gravier et des piles où le sandre se tient, surtout au crépuscule. Les pêcheurs locaux repèrent les fosses de 15 à 25 m sous certaines arches et les épis près d'Oudon comme postes sûrs.
La légende veut que la Dame soit née d'une offrande lancée au fil de l'eau: aubes de pain et chanson pour calmer le courant. Les anciens entonnent encore des refrains au moment où le soleil tombe, rites qui mêlent superstition et savoir-faire transmis sur les quais.
Matériel et geste comptent: shads de 20 cm montés sur têtes plombées de 18 à 22 g plongent vite et tiennent face au courant ; filets à mailles de 40 à 60 mm racontent la cuisine des quais et les repas partagés en guinguette, sandre grillé au feu de bois ou en court-bouillon d'herbes.
Soirées de Loire
Les runs s'animent de 18 h à minuit, pic au crépuscule, quand la vieille Dame se nourrit et que les chants des quais couvrent le clapotis. Les rites consistent à laisser une pointe de nourriture à la rivière, à toucher la pierre de la pile avant de lancer et à fredonner un couplet pour attirer la chance.
Sur le quai, une nappe à carreaux, une bouteille de vin et l'odeur du sandre grillé: la Loire déroule sa mémoire où les arches gardent la trace de la Dame, immobile sous la pierre, monde à part que la ligne peut réveiller.
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