Foires fluviales et sandre de la Loire
Foires fluviales et sandre de la Loire

Port d'Orléans et pêche solognote
Au XVIIIe siècle, le port d'Orléans bruissait comme le principal carrefour intérieur sur la Loire. Les pêcheurs de Sologne et des bras de la Loire, près de Muides-sur-Loire et Meung-sur-Loire, ramenaient des sandres imposants depuis des étangs et chenaux peu profonds. Les gabares, toues cabanées et fûtreaux, à faible tirant d'eau, circulaient à l'été pour capter la fraie : des prises qui pouvaient dépasser 80 cm et plusieurs kilos, prises avec des filets, des pièges en osier ou la ligne au vif.
Cuisine marchande et fêtes
Le sandre a rapidement dicté les cartes de marché : grillé sur sarments de vigne, poché dans un vin blanc de Loire accompagné d'écrevisses des étangs d'Étampes, ou transformé en rillettes pour garnir les fouées sorties des fours à bois. Aux foires de Romorantin-Lanthenay et sur les quais d'Orléans, ces préparations servaient de festin aux équipages — parfois des repas pour sept cents marins autour de grandes tablées.
Parades, nuits et folklore
Les grandes rencontres estivales se prolongeaient jusqu'à la rentrée : parades de plus de deux cents embarcations entre les ponts, illuminations nocturnes et courses de gabares rythmaient les quais. Les conteurs de Sologne mêlaient récits de brochets et exploits de pêche au menu des fêtes populaires, où plusieurs centaines de kilogrammes de sandre pouvaient disparaître lors d'une seule veillée.
Recommandé: piège en osier artisanal