Retour de l'alose et de la lamproie sur une tributaire de l'Allier
Rewilding ciblé sur une tributaire de l'Allier relance les migrations de mars

Un projet de restauration écologique mené sur une petite branche de l'Allier, affluent majeur de la Loire, a permis d'observer une reprise notable des passages printaniers d'alose commune (Alosa alosa) et de lamproie fluviatile. L'initiative, pilotée par l'Office français de la biodiversité en partenariat avec l'Université Clermont Auvergne et des AAPPMA locales, visait des améliorations morphologiques très ciblées pour les frayères.
Actions de rewilding
Les travaux ont combiné suppression de seuils obsolètes, reconnectement de bras latéraux, apport calibré de graviers calcaires et renaturation des berges par aulnes et saules. Une démarche fondée sur l'étude des cadastres du XIXe siècle a permis de restituer d'anciens méandres favorables au frai.
Résultats des relevés
Les suivis avant-après montrent une multiplication sensible des indices de frai au printemps: relevés par pêche électrique scientifique, comptages visuels et analyses d'eDNA détectent désormais aloses et lamproies plus en amont qu'auparavant. Les signaux d'eDNA, en particulier, ont confirmé des présences durant les crues de mars.
Surveillance communautaire et enseignements
Les AAPPMA locales et des bénévoles coordonnés avec des chercheurs utilisent des filets maillés pour relevés non létaux, caméras infrarouges et kits d'eDNA pour suivre les runs de mars sans perturber les sites. Le cas montre qu'une restauration à l'échelle de petits cours d'eau, fondée sur reconnecter structure et sédiments historiques, peut relancer des espèces migratrices dans le bassin ligérien.