Sandre de la Loire : embuscades profondes en hiver
Sandre de la Loire : embuscades profondes en hiver

Pourquoi en février ?
Sur le dernier grand fleuve sauvage d’Europe de l’Ouest, le sandre (Sander lucioperca) modifie nettement son comportement en février. Les remontées thermiques et la baisse d’activité des proies poussent les individus adultes à courir moins et à privilégier des postes profonds et structurés : fosses d’érosion, buses, bras morts et racines immergées près d’Orléans, Saumur ou Nantes. Ces micro‑refuges créent des couloirs d’affût où l’économie d’énergie prime sur la recherche active.
Ce que révèlent stomacats et sonars
Des campagnes d’échantillonnage stomacal menées par des équipes universitaires françaises, complétées par l’imagerie sonar, montrent une proportion accrue de petits cyprinidés benthiques (goujon, ablette juvénile, chevesne jeune) dans l’alimentation hivernale. Le sonar souligne une répartition serrée le long des structures à 4–8 m, avec des sandres groupés en lisières de tombant plutôt qu’en dérive libre.
Montages, leurres et tempo
Pour solliciter ces prédateurs léthargiques, les profils les plus efficaces imitent des proies peu mobiles : shads souples 10–18 cm couleurs blanc/crème, jerkbaits suspending et cuillers à cadence lente. Le tempo est résolument paresseux : twitch courts suivis de pauses longues (8–20 s) et deadsticking. Les montages adaptés incluent têtes plombées lourdes (12–35 g) pour atteindre les fosses, drop‑shot pour présentations verticales précises, et montages type Carolina pour balayer lentement le fond sans exciter l’alerte.