Le sandre et les guinguettes d'Orléans
Au XIXe siècle, sur les quais d’Orléans le sandre s’impose comme spécialité ligérienne.

Les archives locales racontent des étals matinaux entre Orléans, Jargeau, Meung-sur-Loire, Beaugency et Blois où le sandre voisinait le brochet, l’anguille et l’alose. Poisson à chair ferme, il supporte la route vers les marchés et garde une belle tenue à la cuisson : qualité rare pour la clientèle citadine.
Les pêcheurs de la Loire travaillaient depuis la toue et la barque de Loire, bateaux à faible tirant d’eau adaptés aux bancs et aux passes. Les engins cités dans les fiches locales incluent filets maillants, nasses et lignes. Le sandre fréquentait fosses et lisières de courant, là où les cassures attirent le poisson prédateur.
Marchés et guinguettes
Sur les quais, la fraîcheur commandait la vente puis la cuisson immédiate. Les marchés d’Orléans accueillaient acheteurs et restaurateurs ambulants ; les guinguettes des îles et des berges achetaient le poisson du matin et le servaient le soir. Les recettes imprimées au siècle dernier montrent des préparations simples et goûteuses.
Les cuisiniers de guinguette pochaient parfois le sandre au vin blanc, le passaient au beurre noisette ou le transformaient en quenelles légères proches des classiques de brochet. Le fumet montait, les bancs de rivière bruissaient, et une assiette de sandre fumant passait de main en main entre danses et chansons au bord de la Loire.