Les carrelets de la Charente : filets, treuils et marées
Les carrelets de la Charente : filets et cabanes sur pilotis

Sur les rives de la Charente les carrelets se balancent entre deux eaux, silhouettes de bois et de corde face à la marée. Ces cabanes sur pilotis abritent un filet carré que l'on abaisse et relève au rythme du flot. Le but : attraper le bar, le mulet, la sole ou le tacaud quand la mer apporte poissons et courant.
La technique est simple et précise. Un cadre en bois soutient le filet ; un treuil permet de lever la toile au moment propice. Corde, poulie, patience : certains pêcheurs placent un appât, d'autres laissent la marée travailler. Patience et timing font la différence. Les gestes se répètent : descendre le filet, attendre la montée, remonter, trier la prise, réparer la maille.
Un paysage humain autant que maritime
Les cabanes sont ancrées dans la mémoire locale. Elles marquent les estuaires de la côte atlantique, de la Loire à la Charente, et façonnent le littoral autant que les bancs de sable. Certains carreliers héritent de leur cabane ; d'autres la rénovent chaque hiver. Les treuils huilés et les filets rapiécés racontent des saisons de pêche.
Le soir, quand la lumière rase la vase, un carrelet qui remonte peut révéler un bar argenté glissant dans le filet. Bois, corde, marée et le clapot d'une prise qui finit sur la planche du pêcheur : la scène reste, immobile et vraie.
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