Qu’est-ce que le monofilament
Le monofilament est facile à sous-estimer : il est bon marché, familier et traîne dans toutes les boîtes. Mais de tous les types de fil c’est le seul qui s’abîme de lui-même — sans pêche, sans accrocs, simplement avec le temps. Et c’est justement par là qu’il vaut mieux planifier sa saison.
De quoi il est fait
Le monofilament est un seul brin plein de plastique, et non un faisceau de plusieurs comme la tresse. Le matériau le plus répandu est le nylon, et la raison est simple : il est bon marché à produire. D’où aussi le prix qui maintient le monofilament comme choix de base.
On le produit en différentes couleurs : transparent, blanc, vert, bleu, rouge et fluorescent.
L’essentiel : il vieillit
Le monofilament s’affaiblit avec le temps, et plus vite encore sous la chaleur, la lumière du soleil et l’eau salée. Ce n’est pas une usure à l’emploi, mais une modification du matériau lui-même.
La conclusion pratique est unique, et elle dérange : une bobine qui a passé une saison sur le rebord de la fenêtre ou dans le coffre ne tient plus ce qui est écrit sur la boîte. Avant la première sortie, mieux vaut tester le vieux fil à la main que se fier au chiffre de l’étiquette.
La mémoire
Deuxième propriété de même origine : après un long séjour sur la bobine, le monofilament en sort en spires. C’est ce que les pêcheurs appellent la mémoire.
Les spires gâchent le lancer et gênent pour voir la touche : au lieu d’une ligne droite jusqu’au leurre, on obtient un ressort qui mange une part du mouvement. La tresse ne connaît pas cela — chez elle il n’y a pas de mémoire du tout.
Il absorbe l’eau
Un autre trait auquel on ne s’attend pas : le monofilament absorbe l’eau, et les nœuds faits dessus s’en trouvent affaiblis. C’est justement pour cela qu’on ne le conseille pas pour la pêche en grande profondeur.
Sur une pêche ordinaire du bord, cela pèse moins, mais la règle demeure : un nœud sur du monofilament vaut mieux être refait après une longue journée dans l’eau que gardé pour la fois suivante.
L’élasticité travaille pour vous
Ici le monofilament gagne. Il s’allonge sous la charge, et cette élasticité amortit l’effort au ferrage et pendant le combat.
Autrement dit, ce qui manque à la tresse est intégré au monofilament. Une secousse brusque au bord, il l’encaisse, et l’hameçon déchire moins souvent la bouche. En échange il faut payer en sensibilité : le contact à distance, le monofilament le transmet moins bien.
Il flotte
Le monofilament de nylon se tient sur l’eau, à la différence du fluorocarbone, qui coule. Pour la pêche au flotteur c’est un avantage : le fil repose en surface et ne tire pas le montage vers le bas.
Pour pêcher au fond, au contraire, c’est de la prise au vent et au courant en trop. Le choix entre eux ne commence donc pas par le prix, mais par l’endroit où doit se trouver votre appât. Plus sur le matériel — les cannes à flotteur.
Ce que nous n’écrivons pas ici
Sur le monofilament circulent des chiffres précis : de combien de pour cent il s’allonge, en combien de mois il s’abîme, à quel point il se voit dans l’eau. Nous n’avons pas trouvé de source vérifiée pour ces chiffres et nous ne les citons pas.
Ce qui précède, ce sont des propriétés du matériau, et non l’expérience de quelqu’un sur une saison.